La Télé des Chinois d'Europe  |  直播
  • 中文
  • Français
  • 20/09/2018
文字新闻 (中法双语 ) :  法国前总理独家撰文:世界秩序正遭受“暴力挑衅”,中欧应携手对抗保护主义

作者 : 多米尼克·德维尔潘(Dominique de Villepin),法国前总理

图片来源:视觉中国

    举目望向当今世界,自由贸易似乎处处举步维艰。几个月来,我们目睹了当代世界秩序受到了前所未有的暴力挑衅。对文化全球化的批判带来了身份认同冲突;对政治全球化的惧怕致使多边机构(联合国,世界贸易组织,第21届联合国气候变化大会)运行低效;更严重的是,对经济全球化的抗拒,让贸易保护主义飞过大西洋并蔓延开来。

    贸易保护主义的抬头让很多区域和国际条约面临失效或失信。北美自由贸易协定成员间分歧频发,全面经济贸易协定批准滞后,而美国的退出不仅让跨太平洋伙伴关系协议面临结构性削弱,更让整个跨大西洋伙伴关系陷入了僵局。似乎只有非洲正在努力推动由非盟领导的大陆自由贸易区建设并积极重启“科托努协定”的谈判。

    我想,当下世界经济的稳定取决于那些能够抑制美国变幻莫测的狂躁的力量。欧盟和中国加在一起几乎占全球GDP的三分之一,他们间的共识对扭转屡屡受挫的世界贸易和其带来的全球GDP毁灭式螺旋下降至关重要。现如今,中欧面临着同样的挑战,即贸易战和轮番回击。

    今年7月,在北京举行的第二十次中欧峰会制定了一些共同目标。

    首先,中国和欧盟希望通过巩固经贸关系来应对经济放缓的风险,这种贸易关系将使中国成为拥有超过5700亿欧元出口量的欧盟的主要合作伙伴。

    其次,双方努力寻找共同应对美国保护主义压力的具体方法,因为如果没有相应的解决方案,世界经济增长的前景将持续黯淡。

    中欧双方共同面临着与美国间贸易减少以及长期对出口下降进行补贴的挑战,这意味着除了世贸组织投诉类的纯司法行动外,世界贸易的未来必须以协调一致的举措为基础,将民众信心,国家承诺和民间团体的参与紧紧结合在一起。 

    为了适应新环境,我们需要新项目和新框架。

    从经济层面上讲,首当其冲要解决中欧对彼此的误解和顾虑。对于双方而言,有所担忧是正常的,但激发金融和商业的交流潜力将会带来强劲的增长驱动力。特别是关于一带一路倡议,法国参议院最近就发布了一份详细的报告。如果放下担忧,你会发现这项大型的基建和创新产业(囊括了能源,数字及健康产业)的投资项目,将为中欧企业共同开发欧亚地区提供难得的机遇。一带一路倡议所提供的这种前所未有的机遇将会增加双方的资金流量并推进在第三方市场(如非洲等需要持续发展的地方)的合作项目的开展。

    这些目标的达成同时需要各方共同管理,分享优先权并防止失控和竞争风险。然而,我们也需要在国家和欧洲层面开展讨论并作出集体决策以具体化企业间的关系,确保法律规则的清晰度并培养互利互惠,进入公共市场和保护知识产权的经济思想。其他重点则包括主要中央银行(欧洲央行,美联储和中国央行)之间基于G3的金融稳定性以及对气候紧急情况的响应。

    接下来的几个月将有利于推动新的中欧政策。明年五月欧盟机构大选近在眼前,关于革新中欧间经贸关系的坦率辩论将被开启。而在北京,庆祝改革开放四十周年的契机将为中国,这个对历史,象征和长期对话如此敏感的国家,提供深化经济开放的肥沃土壤。中国的确需要对企业和投资更加开放,但在此之前我们亦需要为和平对话创造条件。

    从1964年戴高乐将军率先承认中华人民共和国,到2004年雅克·希拉克创建与中国的全球战略伙伴关系,中法交往的历史从不乏重要的里程碑事件。习近平主席推动中国走进了新时代,循着马克龙总统去年1月首次访京的精神,中法和中欧间一定能达成令人期待的新成果。

图片来源:视觉中国

    通晓法语的读者,可以阅读由法国前总理多米尼克·德维尔潘撰写的法语原文。点击文末左下方的“阅读原文”,可查看英文版本。

 

La Chine et l’Europe peuvent répondre ensemble au repli protectionniste

Dominique de Villepin

Ancien Premier ministre

Où que nous regardions, le libre-échange vit des jours difficiles. Nous assistons depuis plusieurs mois à un procès de l’ordre mondial contemporain d’une violence sans précédent, qui se décline sur plusieurs fronts: critique de la mondialisation culturelle, d’abord, avec le choc des identités; hantise de la mondialisation politique, ensuite, avec l’enrayement des institutions multilatérales (ONU, OMC, COP21); rejet de la mondialisation économique, enfin, dans la tentation protectionniste soufflant d’Outre-Atlantique. Sur ce dernier sujet, nombreux sont les exemples de traités régionaux et internationaux dont les heures sont comptées ou la crédibilité compromise. Les membres de l’ALENA sont divisés, le CETA tarde à être ratifié, le partenariat transatlantique est au point mort quand le partenariat transpacifique est structurellement affaibli par le retrait américain. Seule l’Afrique s’efforce d’aller de l’avant avec la création d’une zone de libre échange continentale (ZLEC), sous la houlette de l’Union africaine, et la renégociation des accords de Cotonou.

Ma conviction, c’est que la stabilité de l’économie internationale est entre les mains des seules puissances capables de modérer les soubresauts d’une Amérique devenue imprévisible et impétueuse: parce que l’Union européenne et la Chine pèsent ensemble près d’un tiers du PIB planétaire, leur entente sera décisive pour infléchir la spirale destructrice que nous annoncent les replis successifs du commerce mondial.  La Chine et l’Europe sont soumis à un défi conjoint, celui de la guerre commerciale et d’une spirale de représailles.

Le 20e Sommet UE-Chine accueilli par Pékin, en juillet dernier, a ainsi permis de mettre en avant plusieurs objectifs communs. Premièrement, la Chine et l’Union européenne souhaitent répondre au risque de ralentissement en consolidant des relations économiques et commerciales qui font de la première la principale partenaire de la seconde avec plus 570 milliards d’euros d’exportations. Deuxièmement, elles entendent réfléchir à des moyens concrets de faire collectivement face aux pressions protectionnistes des Etats-Unis qui, à défaut d’alternative, pourrait durablement assombrir les perspectives de la croissance mondiale. L’enjeu, pour chacune des parties, est d’anticiper un recul des échanges avec le partenaire américain et de compenser à long terme la baisse potentielle des exportations.  Qu’est-ce que cela signifie? Qu’au-delà d’actions purement judiciaires, à l’instar des plaintes déposées à l’OMC, l’avenir du commerce mondial doit reposer sur des initiatives concertées, combinant la confiance des peuples, l’engagement des Etats et l’implication des sociétés civiles.

Nous avons besoin de structures et de projets adaptés à ce nouveau contexte. Sur le plan économique, la priorité est de résoudre un certain nombre d’incompréhensions ou d’angoisses mutuelles entre la Chine et l’Europe. Des deux côtés, les craintes sont légitimes. Des deux côtés, aussi, le potentiel des échanges financiers et commerciaux est un puissant levier de croissance. Je pense en particulier au projet de Nouvelle Route de la Soie auquel le Sénat a récemment consacré un rapport détaillé. Par-delà les appréhensions, ce projet d’investissement massif dans les infrastructures et les industries innovantes, telles que l’énergie, le numérique ou la santé, offrent aux entreprises chinoises et européennes l’occasion de travailler ensemble au développement de la zone eurasiatique. La Nouvelle Route de la Soie est une chance inédite d’accroître les flux financiers croisés et de favoriser des projets communs sur des marchés tiers, à commencer par le continent africain dont les besoins ne cesseront d’augmenter. 

Cela suppose un pilotage commun, des priorités partagées et des garde-fous contre les risques de dérives et de concurrence.  Mais il nous faut également des lieux de discussion et de décisions collectives, au niveau national et européen, pour fluidifier les relations entre entreprises, s’assurer de la clarté des règles juridiques et nourrir la réflexion économique en matière de réciprocité, d’accès au marché public et de protection de la propriété intellectuelle. Au rang des grands sujets figurent également la stabilité financière sur la base d’un G3 entre les principales banques centrales (BCE, FED et Banque centrale de Chine) ainsi que la réponse à l’urgence climatique.

Le calendrier des mois à venir est favorable à l’impulsion d’une nouvelle politique euro-chinoise. A Bruxelles, l’imminence des élections européennes, en mai prochain, impose un débat clair et franc sur le renouvellement des relations économiques avec la Chine. A Pékin, la célébration du quarantième anniversaire des réformes de Deng Xiaoping offre un terrain propice à l’approfondissement de l’ouverture économique, dans un pays si sensible à l’histoire, aux symboles et au dialogue inscrit dans la durée. La Chine doit s’ouvrir davantage aux entreprises et aux investissements. Mais construisons d’abord les conditions d’un dialogue apaisé. 

En France, nous pouvons nous appuyer sur des jalons majeurs de notre histoire commune, de la reconnaissance pionnière de la République populaire de Chine par le Général de Gaulle, en 1964, à la création par Jacques Chirac du partenariat stratégique global, en 2004. La nouvelle ère promue par le Président Xi Jinping pour son pays doit être l’occasion d’une nouvelle donne au sein des relations franco-chinoises et euro-chinoises dans l’esprit de la première visite à Pékin du Président Macron, en janvier dernier.

德维尔潘

 

我们的频道

查找

法国华人电视台商界理事会